Arthur-Marie-Alexis LEGRAND
Haut fonctionnaire (Conseil d'Etat), économiste, député.
Né en 1833 à Paris, mort en 1916. Son père, directeur général des Ponts et Chaussées, fut député de la Manche sous la Monarchie de Juillet, de 1832 à 1848.
Arthur Legrand fait des études de droit, puis entre au Conseil d'Etat en 1857 par concours comme auditeur. Il est attaché à la section des travaux Publics que son père avait présidé, et nommé secrétaire d'un grand nombre de commissions, de la marine marchande, de l'échelle mobile, du code rural, des établissements de crédit, de la législation des mines, etc. Il participe aussi à toutes les négociations qui conduisirent à la signature du traité de commerce franco-britannique de 1860[1]. En 1862, il est chef du cabinet du président de la section française à l'Exposition internationale de Londres (ce président est Michel Chevalier)[2]), et à son retour il est décoré chevalier de la Légion d'honneur. En 1865-1866, il prend une part active à la grande enquête sur la circulation monétaire et fiduciaire lancée par l'administration du second Empire. Il est nommé (en 1866) maître de requêtes au Conseil d'Etat et élu conseiller général du canton de Barenton (Manche) et maire de Milly. En décembre 1870, il prendra, avec le comte Daru, l'initiative d'une protestation collective contre le décret de dissolution des conseils généraux par Gambetta.
Après la chute du second empire, il est élu en 1871 à l'Assemblée Nationale représentant de la Manche. Il s’inscrit au groupe bonapartiste de l’Appel au Peuple, dont il est l’un des fondateurs. Il siège quelques années plus tard dans celui des indépendants, puis des non-inscrits. Il restera député pendant plus de quarante ans, de 1871 à 1885, puis de 1889 à 1916, année de sa mort. Il est aussi maire de Milly de 1867 à 1916, et conseiller général de Barenton de 1866 à 1907.
Bonapartiste, il défend le suffrage universel, la propriété, la religion, et la liberté des bouilleurs de cru, dont il se fera l'avocat plusieurs fois à la Chambre. Il attaque aussi le privilège de l'Imprimerie Nationale, et participe à plusieurs commissions : commission des marchés, commission du Sacré-Cœur de Montmartre (à laquelle il soumet une rédaction transformée ensuite en loi), commission des chemins de fer, des canaux, commission du mode de nomination du gouverneur de la Banque de France, etc. Il intervient surtout dans la discussion des questions administratives et économiques; et sera à l'initiative de plusieurs projets de lois, celui notamment portant création de la Caisse d'Epargne Postale. Après 1878, il combat la politique des ministères républicains, défendant en particulier l'enseignement libre contre les lois scolaires et s'opposant à la politique coloniale.
Membre de la Société d'Economie politique, il a collaboré à de nombreuses publications, dont la Revue Contemporaine, la Revue Britannique et l'Economiste français. Il a notamment publié les ouvrages suivants : De la législation sur les brevets d'invention (1862)[2]; De la législation relative au prêt à intérêt, 1864; Résumé de l'enquête sur la circulation fiduciaire et monétaire (1877); Le billet de banque fiduciaire (1880); Les bouilleurs de cru (1884); Le crédit agricole (1888).
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[1] Traité négocié par Michel Chevalier et Richard Cobden.
[2] Il rédige alors une note «Brevets d'invention» pour les Rapports des membres français du jury international de l'Exposition Universelle de Londres de 1862, et publie un article sur la même question la même année dans la Revue Contemporaine.
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Sources : Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français : comprenant tous les membres des assemblées françaises et tous les ministres français depuis le ler mai 1789 jusqu'au ler mai 1889..., Bourloton, 1889-1891; Vapereau, Dictionnaire universel des contemporains : contenant toutes les personnes notables de la France et des pays étrangers, Hachette, 1893;...